Prendre soin de ses yeux s’apprend dès l’enfance. Pourtant, la santé visuelle demeure parfois un sujet difficile à expliquer aux plus jeunes. Comment leur faire comprendre l’importance de protéger leurs yeux sans les inquiéter? La clé consiste à utiliser des mots simples, des exemples concrets et, surtout, à intégrer les bons gestes à leur quotidien.
Expliquer le rôle des yeux avec des mots simples
Pour intéresser un enfant à sa santé visuelle, on peut commencer par lui expliquer tout ce que ses yeux lui permettent d’accomplir : lire une histoire, reconnaître les visages, dessiner, pratiquer un sport, observer les animaux ou admirer les couleurs.
Une comparaison imagée peut faciliter la discussion : les yeux sont un peu comme des caméras qui transmettent des images au cerveau. Comme tout ce qui est précieux, ils ont besoin d’attention et de protection pour bien fonctionner.
Inviter l’enfant à parler de ce qu’il ressent
Les enfants ne réalisent pas toujours que leur vision pourrait être meilleure. Pour eux, la façon dont ils voient le monde leur semble normale. Plutôt que de leur demander simplement s’ils voient bien, il peut être utile de poser des questions plus précises :
- Est-ce que les mots deviennent parfois flous lorsque tu lis?
- As-tu mal à la tête après l’école ou après avoir utilisé un écran?
- Est-ce difficile de voir ce qui est écrit au tableau?
- Tes yeux piquent-ils ou sont-ils parfois fatigués?
- Dois-tu t’approcher de la télévision pour mieux voir?
Il est important d’écouter leurs réponses sans minimiser leurs sensations. Un enfant qui se sent entendu sera plus susceptible de signaler rapidement un changement ou un inconfort.
Transformer les bonnes habitudes en petits défis
La santé visuelle ne doit pas être présentée comme une série d’interdictions. Elle peut plutôt devenir un ensemble de défis simples à relever en famille.
Lors de l’utilisation d’un écran ou d’une activité prolongée de près, on peut appliquer la règle du 20-20-20 : toutes les 20 minutes, regarder pendant 20 secondes quelque chose situé à environ 20 pieds — ou 6 mètres. Ces pauses aident à réduire la fatigue visuelle associée au travail de près. Les écrans peuvent notamment entraîner temporairement des yeux secs ou fatigués, une vision floue et des maux de tête.
On peut aussi rappeler à l’enfant de :
- Garder une distance confortable entre ses yeux et son livre ou son écran;
- Utiliser les appareils dans une pièce bien éclairée;
- Cligner régulièrement des yeux;
- Varier ses activités;
- Déposer les écrans lorsque ses yeux deviennent inconfortables.
Les parents peuvent participer eux aussi. Une pause visuelle en famille sera souvent mieux accueillie qu’une consigne réservée aux enfants.
Donner une grande place aux activités extérieures
Jouer dehors permet aux enfants de bouger, d’explorer et de regarder à différentes distances. Le temps passé à l’extérieur est également associé à une diminution du risque d’apparition de la myopie. L’Association canadienne des optométristes encourage les enfants à jouer dehors au moins une heure par jour, et davantage lorsque cela est possible.
À l’extérieur, il faut aussi penser à la protection solaire. Des lunettes de soleil de qualité, qui bloquent les rayons UVA et UVB, ainsi qu’un chapeau à large bord contribuent à protéger les yeux.
Présenter l’examen de la vue de façon positive
Une visite chez l’optométriste peut être décrite comme une occasion de découvrir comment les yeux travaillent. L’enfant pourra regarder des lettres, des images, des lumières ou différents objets. Il ne s’agit pas d’un examen que l’on peut réussir ou échouer, mais d’une façon de vérifier que ses yeux se développent bien.
Les examens visuels sont importants, même lorsqu’un enfant ne se plaint de rien. Certaines difficultés peuvent passer inaperçues et influencer la lecture, la concentration, les activités sportives ou les apprentissages. L’optométriste pourra recommander la fréquence des examens selon l’âge, la santé et les besoins particuliers de l’enfant.
Surveiller certains changements
Il peut être pertinent de consulter un optométriste si l’enfant :
- Plisse souvent les yeux;
- Ferme ou couvre un œil pour regarder;
- Se rapproche beaucoup de ses livres ou des écrans;
- Perd régulièrement sa ligne en lisant;
- Se frotte fréquemment les yeux;
- Se plaint de maux de tête, de vision floue ou de vision double;
- Évite la lecture ou les activités qui demandent de la précision;
- Semble moins bien voir de loin;
- Présente un œil qui dévie.
Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’un problème important est présent, mais ils méritent une évaluation.
Faire de la santé visuelle une affaire de famille
Les enfants apprennent beaucoup en observant les adultes. Lorsque les parents prennent des pauses d’écran, portent leurs lunettes de soleil et passent du temps dehors, ces habitudes deviennent naturelles pour toute la famille.
Parler régulièrement de santé visuelle aide également l’enfant à mieux comprendre son corps et à exprimer ce qu’il ressent. En lui donnant des mots, de bonnes habitudes et un espace pour poser ses questions, on l’encourage à devenir acteur de sa santé — aujourd’hui et pour les années à venir.